Les aquifères concernés par le périmètre du SAGE
Un SAGE s’intéressant à la gestion concertée et durable des eaux souterraines est délimité avec une cohérence hydrogéologique, et non pas hydrographique. Le périmètre du SAGE dépend de l’extension des formations aquifères visées. Souvent, cela dépasse les limites des bassins versants de surface ; ainsi, le périmètre du SAGE des eaux souterraines de Gascogne recoupe plusieurs périmètres de SAGE de surface.
Le périmètre du SAGE comprend les formations géologiques contenant de l'eau s’étalant du premier aquifère captif rencontré (le niveau captif le plus proche de la surface) jusqu’aux formations du Crétacé supérieur (plus anciennes et généralement plus profondes). En fonction de sa place dans la pile sédimentaire et donc de son accessibilité pour les gestionnaires et des caractéristiques de ses eaux (température, minéralisation, etc), une nappe sera sollicitée pour différents usages.
Ces formations aquifères peuvent être subdivisées en deux grandes catégories, en fonction de leur position par rapport aux molasses d’Aquitaine :
- Les aquifères infra-molassiques : Crétacé, Paléocène, Eocène – modélisés dans le cadre du programme GAIA (développé par le BRGM) s’intéressant aux aquifères infra-molassiques sud-aquitains ;
- Les aquifères intra-molassiques : Oligocène, Miocène – modélisés dans le cadre du programme MONA (développé par le BRGM) s’intéressant aux aquifères captifs nord-aquitains.
L’usage principal et prioritaire des ressources souterraines captives est l’alimentation en eau potable. Toutes les formations aquifères du périmètre sont exploitées en grande partie pour cet usage stratégique, grâce à leur qualité intrinsèque.
Localement, la remontée à la surface des formations aquifères provoque la remontée d’eaux chaudes et minéralisées proches de la surface ou à l’affleurement. Ce thermalisme est exploité sur le périmètre dans les départements des Landes et du Gers, pour satisfaire près de 300.000 curistes chaque année. Cet usage est tributaire de la qualité et de la température des eaux profondes et ne peut être substitué par des eaux de surface.
Dans les Landes, l’accessibilité des nappes captives localement (relativement peu profondes dans des secteurs d'anticlinaux) permet une utilisation agricole de ces eaux (irrigation, abreuvement).
L’industrie exploite les ressources intra-molassiques du périmètre (Miocène, Oligocène) pour divers procédés, allant de l’embouteillage d’eaux minérales à des process de fabrication de cellulose. Les aquifères plus profonds sont exploités pour la géothermie et le stockage de gaz.
L'extension géographique du SAGE
En surface, le périmètre du SAGE des eaux souterraines de Gascogne s’étend sur quatre départements (Landes, Pyrénées-Atlantiques, Gers et Hautes-Pyrénées). Il couvre près de 19.000 km² et représente l'extension géographique des aquifères.
Au sud, la limite géologique du chevauchement frontal nord pyrénéen sépare la zone dite de « bassin sédimentaire » (Bassin aquitain) au nord des Pyrénées. Cette limite géologique fixe la limite sud du SAGE.
Au nord le périmètre du SAGE est fixé sur les limites administratives des Départements du Gers et des Landes, bien que la connexion des aquifères soit avérée avec les départements voisins de la Gironde, du Lot-et-Garonne et du Tarn-et-Garonne.
A l’ouest, le littoral de l’océan Atlantique constitue la limite du périmètre ; les échanges eau de mer – eau douce des aquifères sont négligeables.
A l’est, les nappes visées par la gestion durable s’enfoncent profondément dans le sous-sol et la température des eaux y est trop élevée pour satisfaire les usages socio-économiques du SAGE (eau potable, thermalisme, irrigation et industrie). Le périmètre du SAGE est fixé sur la limite des Départements des Hautes-Pyrénées et du Gers.
Les chiffres clés du territoire
Superficie : 19 793 km² sur les Départements des Hautes-Pyrénées, du Gers, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques
Population : environ 1 million d'habitants concentrés autour des zones urbaines et périurbaines (Pau, Tarbes, Mont-de-Marsan...) et sur la côte Atlantique
Eau potable : usage majoritaire et prioritaire des nappes du SAGE (près de 70% des prélèvements totaux)
Thermalisme : usage dépendant de la qualité des eaux minéralisées et chaudes des nappes captives aux retombées économiques conséquentes pour le territoire (environ 300 millions € de chiffre d'affaire par an)
Agriculture : prélèvements en nappes captives uniquement dans le Département des Landes et aux abords d'affleurements ; les volumes prélevés sont variables chaque année selon la pluviométrie
Industrie : embouteillage d'eaux minérales, prélèvements pour process industriels divers (agroalimentaire, pétrochimie, etc) ; stockage de gaz dans les nappes captives et géothermie calorifique (chauffage)
Tourisme : important sur la côte Atlantique, demande en eau croissante durant les périodes estivales
Les enjeux des eaux souterraines de Gascogne
L'ensemble des acteurs du territoire et usagers des nappes ont définis les grands enjeux de gestion des nappes captives à considérer pour viser une exploitation durable de ces ressources. Ces enjeux dépendent également du fonctionnement spécifique et singulier de ces ressources, non connectées aux conditions météorologiques de surface, et donc non renouvelées à la même vitesse que leur exploitation.
- Adapter l’exploitation aux spécificités des nappes captives en définissant des volumes prélevables par secteur et par nappe ;
- Atteindre ou préserver le bon état quantitatif et assurer la pérennisation de la qualité des eaux ;
- Protéger les zones d’affleurement afin de préserver la qualité des eaux ;
- Encadrer l’accès aux nappes captives et les reports de prélèvements de la surface vers le souterrain, compte tenu des tensions croissantes sur les ressources superficielles dans un contexte de changement climatique ;
- Penser l’aménagement du territoire en fonction des ressources disponibles dans un contexte de changement climatique ;
- Définir des niveaux de nappes limites (captives et libres) dans le but de développer une gestion inter-SAGE aux interfaces de ces ressources ;
- Identifier les milieux et usages dépendants des flux sortants en provenance des nappes captives ;
- Préserver et exploiter le potentiel géothermique ;
- Développer les connaissances, informer et sensibiliser aux problématiques propres aux eaux souterraines.